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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 20:47

Fin aout , Cédric MALENGREAU et sa femme Aude prenait le départ de la CCC.

LA CCC est une course de montagne faisant parti de l'évenement UTMB .

Un parcours COURMAYEUR - CHAMPEX - CHAMONIX empruntant en partie le parcours de sa grande soeur l'UTMB .

Pas moins de 101 km pour 6100 m de D+ que tous les deux termineront .

Cédric : 236 eme en 18 h 24min

Aude : 1239 eme en 25 h 45 min

De son coté Bernard JAOUEN termine signe un autre bel exploit en terminant l'UTMB à la 869 ème place en 41 h 47 min .

Pour rappel , l'UTMB c'est 168km pour 9600m de D+

A grand bravo à ces 3 ultra-traileurs pour ces performances .

CCC - UTMB -

Enfin, le récit de notre CCC


Inespéré

Inespéré, c'est le mot qui résume le mieux notre participation, Aude et moi à la CCC.
Après un printemps perturbé par des douleurs croissantes au genou, le verdict tombait mi juin : tendinite du TFL. S'engageait alors une course contre la montre et fin juillet à l'issue d'une premier phase de traitement,je retrouvais le droit de courir, "progressivement" selon les termes de mon thérapeute..., 4 semaines pour passer de 0 à 100 avec des premières sorties peu rassurantes où au bout de 5 km la douleur revenait... Pour Aude, c'est une grosse entorse de la cheville, occasionnée début août qui compromettait toute participation.
Et pourtant, contre toute attente, nous sommes là, dans les rues de Courmayeur, entourés de près de 2000 autres coureurs. Nous sommes un peu avant 9h00 et par réflexe je palpe mon genou. A ma grande surprise le foyer douloureux que je connais par cœur depuis des semaines n'est plus là...

Nous sommes pleinement dans la course depuis 2 jours et les dernières étapes précédant la remise des dossards : contrôle d'identité, vérification du matériel obligatoire avant de se voir délivrer le précieux sésame. Chamonix en cette semaine de l'UTMB vit à l'heure du trail : salon de l'ultra trail, opérations commerciales, présence de toutes les stars de la discipline " regarde, c'est Kilian" , "ce ne serait pas Rori dans la chaîne d'inscription"...et là au détour d'une rue, nous sommes au pied de l'arche d'arrivée, impressionnante...j'ose à peine la franchir, de peur de réveiller quelque démon qui jugerait inapproprié d'oser le déranger alors qu'on n'a pas franchi les épreuves initiatiques.

Courmayeur de nouveau, vendredi 29 août un peu avant neuf heures... La date est dans l'agenda depuis janvier et le message nous indiquant notre tirage au sort. Il fait frais, le sommet du mont blanc est dans les nuages et nous ne voyons que les glaciers déchirant la brutalité minérale derrière nous.
Nous sommes à quelques minutes du départ et la ferveur collective atteint son paroxysme. Mes voisins viennent du monde entier, un japonais, une brésilienne.
Dernier briefing puis les hymnes, suisse, français et italien. Pendant la marseillaise, la boule au ventre monte dans la gorge, l'émotion se lit sur tous les visages. Puis la musique de Vangelis, solennelle, magistrale, elle parvient à filtrer au travers du vacarme de l'hélicoptère dont le vent fouette nos visages. Puis, plus rien, c'est parti, sensation de se jeter dans le vide.

Petit tour dans les rues de Courmayeur, les premières foulées sont un peu raides. Tout le village est sorti, toutes les cloches aussi qui sonnent sur notre passage, toujours l'hélicoptère. Je sors un peu de l'émotion et la course reprend ses droits, il ne faut en effet pas traîner sur les premiers kilomètres qui conditionnent la position dans la montée de la tête de la Tronche. La route, puis le chemin, qui monte est suffisamment large pour permettre de doubler et je me retrouve à 5'30 du kilomètre. Je ne me fais pas d'illusion sur ma capacité à maintenir ce rythme mais c'est un investissement nécessaire avant le rétrécissement qui arrive rapidement. Ça y est nous sommes désormais en file indienne, la montée vers la tête de la tronche s'amorce,1300m de D+, une montée sèche sans difficulté technique, à monter au rythme. Le sommet est atteint en 2 heures et j'ai évité les effets de bouchon. Place à la descente désormais, vers le refuge Bertone, roulante et en chemin de crête. Le paysage est superbe, avec vue sur les glaciers. Je passe Bertone en 248eme position, fais le plein d'eau et c'est reparti, direction le refuge Bonatti. le chemin alterne les faux plats et s'étire sur 7km, il longe en balcon les glaciers, là encore le paysage est grandiose. Je me surprends à me dire que ce serait sympa de faire le chemin en randonnée ...mais pour l'instant c'est de course qu'il s'agit et je me remets dans ma bulle. Je me fais un peu doubler mais résiste à toute tentation d'enflammade, nous sommes à moins du quart de la course et ce n'est pas le moment de jouer les fiers à bras. Une centaine de mètres avant Bonatti, dans la montée qui mène au refuge une première alerte sous forme de crampes aux deux cuisses. Ça passe rapidement mais est de mauvaise augure si tôt dans la course. Je passe en 270 eme position.
A Bonatti, j'attrape un coca, fait le plein du camel bag et zou c'est reparti vers l'arnuva, premier gros ravitaillement situé au 28eme kilomètres. Le chemin est essentiellement descendant, les kilomètres sont faciles.
À Arnuva j'avale une soupe, attrape une poignée de jambon fumé (divin!!!) et reprends la route. Dans l'enthousiasme du moment j'oublie de compléter mon camel bag. Grosse erreur tactique. Quelques centaines de mètres à longer un ruisseau puis c'est parti pour la deuxième grosse difficulté de la journée : l'ascension du grand col Ferret, 800 m de dénivelé à avaler avant de déboucher à plus de 2500 m d'altitude. Le chemin ne présente pas de difficulté particulière mais serpente de façon interminable. J'ai du mal à trouver le bon rythme, j'ai pourtant l'habitude lors de mes entraînements en Chartreuse de ce type de montée où je me cale sur une cadence et n'en bouge plus. Là c'est haché, confus, ponctué par des crampes de plus en plus régulières. Je bois, j'avale une barre énergétique, je rebois, ça reste compliqué...malgré ça je dépasse quelques concurrents en plus mauvais état que le mien. Certains semblent exténués, au bord de l'abandon. Je double un concurrent qui m'avait dépassé comme un avion après Bertone. Il est bien moins fringuant désormais et je m'enquiert même de sa forme. Il me répond dans un espèce de râle que ça va, ce que tout son corps contredit... Enfin le sommet, 273 eme, déjà 5h30 d'effort. Comme prévu dans ma préparation de course, je prends une minute pour préparer la longue descente qui s'annonce, j'accroche mes bâtons au sac, un coup sur les lacets et c'est parti sur le long toboggan (10 km de descente) qui doit nous emmener à la Fouly. Ça va plutôt vite mais la progression est un peu entravée quand même par de nouvelles crises de crampes qui se déclenchent à rythme rapproché. À 3 km environ de la Fouly je dois marquer un arrêt : perclus de crampes, cuisses, mollets, ischio...et plus d'eau...je serre les dents et repars au ralenti. Ça dépasse de tous les côtés et le moral est en chute libre... J'avale 3 gels coup sur coup, et sans eau...ouf un refuge et une magnifique fontaine ... Je me jette sous le jet glacé et fais le plein. Encore 2 km et c'est la Fouly. Les jambes sont douloureuses, très douloureuses en fait... Il faut tenter quelque chose car 70 km dans ces conditions ça va être compliqué.
Je me pose, avale une poignée d'amandes, des mini saucissons, arrose tout ça de coca, d'eau gazeuse et d'Hydrixir... Il y a bien un truc qui va marcher...allez, en route. Les jambes sont lourdes mais j'ai devant moi 8 km de descente douce, la bonne occasion de me refaire.
Petit à petit la forme revient, le moral avec.
Passage dans le village de Praz de fort. Je fais le plein à la fontaine et discute avec 2 vieilles dames qui prennent l'air sur un banc. " alors mon garçon, il y'a encore une belle montée avant Champex, vous avez vu le village tout là haut ? Oui m'dame. Vous dormez là bas ce soir et repartez demain? Non m'dame je repars tout de suite après dîner... "Je laisse mon helvète octogénaire à ses interrogations sur ma santé mentale et bientôt j'attaque la montée sur Champex. Le parcours sinueux me convient bien. Je me cale en cadence en m'appuyant sur les bâtons. J'ai un bon rythme et de nouveau je rattrape des concurrents. Des montées comme ça j'en redemanderais presque.
Arrivée à Champex, 297eme. Je fais une véritable pause : soupe, pâtes. Je jette un coup d'œil sur mon voisin : il est en train de se sécher avec la serviette que son épouse lui a apporté ...elle est en train de lui masser les cuisses, et il s'apprête à enfiler un tee shirt sec et des chaussettes propres... Du reste son sort enviable est le cas de la plupart des concurrents qui n'ont pas opté pour la formule course en couple... Je marine dans mon tee shirt depuis 9h00, je pue et mon seul tête à tête se déroule avec mon bol de bolognaise qui a une discussion limitée. Allez, arrêtons de cogiter, le réconfort attendra encore 45 km. Un sms à Aude, un message d'encouragement de Denis et en route... Sous la pluie qui s'est invitée. En quittant Champex, le chemin descend en douceur. Je sais que désormais 3 grosses difficultés m'attendent... Trois fois 700 m de dénivelé ...
Justement la première se présente. Je trouve tout de suite le bon rythme. La montée me semble facile. Passage à la Giete, encore quelques places grappillées et c'est parti pour la descente, peu technique et roulante. Le jour commence à tomber mais je rechigne à m'arrêter pour prendre la frontale. Les jambes commencent à être lourdes, même dans la longue descente vers Trient. Il pleut encore un peu et le chemin est glissant. Ça y est je distingue Trient, la tente de ravitaillement, encore une demi heure de descente. Je fais un arrêt rapide pour attraper ma frontale car je ne vois plus rien. Arrivée à trient, 264eme, tout le village est dans la rue et l'accueil est chaleureux. Je limite mon temps de pause, juste le temps de m'assoir quelques minutes, surtout ne pas prolonger au risque de ne pas repartir. Je quitte Trient et tout suite attaque la montée, l'avant dernière. Cette fois je ne trouve pas le rythme. C'est pénible, haché. Il faut que je m'accroche... J'atteins le refuge de Catogne avec soulagement, et nouvelle grosse descente sur Vallorcine. Le chemin est détrempée et il faut être très prudent. Les cuisses brûlent de cette retenue mais si je ne me retiens pas c'est la sortie de route assurée. Nous atteignons des installations de ski. C'est bon signe, vallorcines ne doit plus être loin.
Au bout d'une petite piste herbeuse, je vois enfin la tente ravitaillement... Nous sommes accueillis par une chorale, un énorme feu de bois crépite, je resterais bien à côté pour me réchauffer les os car je baigne désormais depuis de longues heures dans l'humidité.
Vallorcines est le dernier ravitaillement. Après, plus que 19 km. Je décide de prolonger un peu la pause afin de me reconditionner avant l'assaut final. J'enlève mon coupe vent, mon tee shirt et revêt un tee shirt manches longues et par dessus le maillot du PVSN. Être au sec pour la première fois depuis des heures apporte un vrai réconfort. Je soigne un début d'ampoule sur un orteil, je ne veux pas être entravé dans la descente finale vers Chamonix.
Un coup d'œil aux SMS, Aude a passé Champex, Denis et Bertrand m'encouragent et m'indiquent que les suiveurs sont nombreux sur le forum. Ça rebooste bien. Allez il faut repartir vite ...
D'abord 4 km de montée douce le long d'une rivière. Je progresse en marche rapide, et c'est plaisant de pouvoir dérouler sans entrave. Arrivée au col des Montets, malgré l'heure avancée dans la nuit il y a pas mal de monde, c'est il est vrai le dernier endroit accessible par la route pour voir passer la course. Une signaleuse invite à la plus grande prudence car la montée est annoncée très glissante. Et quelle montée !!! Sur le papier 700m, rien d'effrayant compte tenu des 5300m déjà accomplis depuis 9h00, sauf que la pente est forte, le chemin mal pavé, la roche glissante à souhait. Nous nous regroupons naturellement à 7/8 coureurs et c'est en peloton que nous faisons la montée, chacun entraîné par le rythme du groupe et craignant de se retrouver decramponné. Les pas sont lourds, ça gémit, on trouve un peu de réconfort en grignotant ....la fin de la montée est plus facile, avec des petits torrents à traverser et un pierrier.
Enfin le pointage de la Tête aux vents, 254eme, Le pointeur nous indique qu'il reste 11 km tout en descente. Il oublie de préciser que les 3 prochains km, s'ils permettent effectivement de perdre de l'altitude sont épouvantables : des pierres partout, impossibles de se laisser porter par la descente. Enfin, après un petit raidillon, arrivée à La Flégère, 252eme. Dans tous les récits de course, c'est associé à la délivrance. Je passe le dernier pointage, m'assieds une minute et go c'est parti pour une longue glissade vers Chamonix. 8 km de descente. Nous partons à deux de la tente ravitaillement. Mon camarade de course lâche les chevaux et je choisis de rester dans son sillage, bénéficiant de son travail d'éclaireur au sens propre comme au figuré. Le paysage défile vite et nous doublons de nombreux concurrents. Le sentier s'élargit et se transforme en piste forestière. Les lumières de la vallée se rapprochent. Je suis partagé entre l'impatience d'atteindre l'arrivée et profiter de mes derniers instants de course. La piste devient route et je rentre dans Chamonix. Je franchis la flamme et ...butte contre le trottoir, me réceptionnant avec l'épaule sur la balustrade d'un pont. Je serre les dents ... Je n'ai pas fait 100km dans la montagne pour renoncer maintenant. Je longe le village des exposants, puis pénètre dans la rue commerçante. Quelques familles attendant un proche et quelques noctambules échappés d'un night-club m'ovationnent. On est assez loin du bain de foule dont bénéficiera Aude quelques heures plus tard, façon Pantani à l'alpes d'huez. Un dernier zig zag devant la statue du brave docteur Paccard et l'arche est en vue. Je ralentis, savourant chaque instant.
J'ignore combien de fois j'ai rêvé cet instant, avant et surtout pendant la course, mais là c'est pour de vrai. Je marque un temps d'arrêt avant de me décider à franchir le dernier mètre. Finisher!!! Je suis finisher!!! 18h24 de course, 236eme. J'avance un peu et reçois le tant espéré gilet revêtu de la mention magique finisher CCC. Des heures d'entraînement, des qualifications compliquées, 101 km et 6000m de D+ pour un gilet vert et jaune que j'aurais pu commander sur internet depuis mon salon. Et le pire c'est que je suis content.

Il est 3h30 du matin je m'assieds sur les marches menant à l'église, je suis bien ... Et après on fait quoi? Pourquoi ne pas continuer la collection de gilet avec une mention UTMB? Affaire à suivre
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